Mais pourquoiiiii ?

Pourquoi ?Connaissez-vous la méthode des 5 Pourquoi ?

Elle vise à partir de 5 questions commençant par « pourquoi » à identifier les causes réelles, originelles, les racines d’une situation donnée.

Par exemple :

Je n’ai pas pu passer l’oral du concours.

  1. Pourquoi ?

Parce que je suis arrivée en retard.

  1. Pourquoi ?

Parce que je suis tombée en panne.

  1. Pourquoi es-tu tombée en panne ?

Parce que je n’avais pas mis d’essence.

  1. Pourquoi n’as-tu pas mis d’essence ?

Parce que je comptais en mettre le matin même, avant de partir.

  1. Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?

Je me suis réveillée trop tard.

En résumé ici : je n’ai pas pu passer l’oral de mon concours, PARCE QUE je me suis réveillée trop tard DONC je n’ai pas pu faire le plein d’essence.

Cette méthode est très utile et appropriée lorsque je désire trouver la cause profonde à une situation. Dans cet exemple je pourrais même aller plus loin, en demandant : « Pourquoi t’es-tu réveillée si tard ? »

Au fond, si l’on est vraiment motivé, prend-t-on le risque d’arriver en retard et/ou d’être refoulé ? Soit il s’agit d’un vrai laxisme, je n’ai pas sécurisé ce qui relève de mon contrôle, soit il s’agit d’un acte manqué, je n’ai pas vraiment envie de réussir ce concours, je me saborde donc.

Par cet exemple, on constate que se poser les bonnes questions est fondamental pour avancer.

Toutefois, j’ajouterai deux bémols à cette vérité.

« Pourquoi ? » est utile à condition :

  1. Qu’il s’adresse à la personne concernée.
  2. Qu’il ne fasse pas oublier le comment.

Je m’explique.

Il arrive trop souvent que nous nous posions à l’infini la question :

  • Et Pourquoi il a dit ça ?
  • Et Pourquoi elle a fait ça ?
  • Pourquoi il se comporte de cette façon ? etc…

Bref, nous échafaudons des hypothèses, nous nous perdons en conjectures sans avancer, car nous ne nous adressons jamais à la personne concernée ! Dans ces cas précis, la seule question pertinente à se poser est : « Pour quelle raison ai-je accepté cela ? Pour quelles raisons n’ai-je rien dit ? etc… » c’est à dire, ME POSER LA QUESTION DU POURQUOI A MOI-MEME et non la renvoyer à l’Autre !

Enfin, le second bémol concerne le pourquoi qui cannibalise le comment. Souvent, je m’intéresse davantage à POURQUOI je ne vais pas bien plutôt qu’à COMMENT je pourrais aller mieux.

Or, le « pourquoi  je ne vais pas bien » repose sur des hypothèses souvent très fumeuses : c’est à cause de mon père, de ma mère, de ma sœur, de mon frère, etc…

Peut-être est-ce vrai…, mais peut-être que non !

Comment savoir ce que je serai devenu sans celui que je considère responsable ? Qui peut affirmer avec certitude qu’il aurait été plus heureux ? Peut-être aurait-il trouvé un autre responsable de son malheur ? Un instituteur, un professeur, un ami d’enfance…

D’où ma réaction en coaching lorsque le client se hasarde dans des conjectures, des hypothèses invérifiables. Dans ce cas, je lui conseille de ne conserver que celles qui l’aident, et de se défaire des autres. De remplacer surtout le « sempiternel pourquoi » par le « comment salvateur » !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *