Le travail idéal 10/10

De travailler, jamais tu n’auras l’impression

« Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie »  Confucius.

Si vous vous reconnaissez dans cette citation alors vous pouvez oublier les neuf commandements précédents, et vous déclarez heureux gagnant de ce test !

Car ce 10ème commandement efface les précédents dans la mesure où il détourne le travail de son étymologie première.

Il associe le travail au plaisir, alors qu’étymologiquement il est lié à la contrainte et la souffrance.

Reste que si vous avez répondu NON au second commandement (par ton travail tu t’enrichiras), je vous invite à poursuivre votre réflexion autour de votre situation actuelle.

En effet, si votre travail vous plait, vous passionne mais ne vous permet pas de vivre, alors il ne s’agit plus d’un travail.

Dans ce cas il peut s’agir d’un :

  • rêve :  » j’ai toujours voulu être écrivain, artiste peintre, acteur… »
  • héritage :  » j’ai repris la ferme de mes parents, chez nous on est agriculteurs depuis 200 ans ! « 
  • hobbie :  » j’aime les métiers de précision, je me suis lancé dans la marquèterie mais les commandes se font rares « 

Vous reconnaissez dans ces descriptions ? Posez-vous seulement la question suivante « Est-ce que mon choix de vie, fait souffrir quelqu’un ? » . Si la réponse est négative, tant mieux pour vous, et régalez-vous !

Elle est positive ? Vous vous trouvez face à un choix. Sans doute auriez-vous besoin de réfléchir à un nouveau projet professionnel, compatible avec votre vie personnelle…

Enfin, si la récolte en points est très maigre, je vous encourage à vous faire aider dans votre recherche d’emploi par un professionnel du changement, qui tiendra compte de l’ensemble de vos attentes vis à vis de l’emploi.

Pour conclure cette série d’article, je vous invite à faire un test étonnant mais, très, très intéressant puisqu’il restitue le type d’entreprise idéale selon votre profil : http://bonheurautravail.arte.tv/

Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel article !

Le travail idéal 9/10

          9. De ton travail, te détacher tu sauras.

Trois petites questions pour faire le point sur une éventuelle addiction !

  1. Sur une journée de 24 heures, passez-vous autant de temps chez vous qu’au travail ?
  2. Savez-vous vous être injoignable ? Une journée ? Le temps d’un week-end ? Durant vos vacances ?
  3. Parvenez-vous à « déconnecter » des soucis éventuels ? A les laisser sur le pas de la porte pour les retrouver le lendemain ?

Addiction au travailBravo si vous avez répondu OUI à ces trois questions, et un point de plus !

Car trouver un équilibre entre vie personnelle et professionnelle est primordial pour qui veut aller loin.

Le surinvestissement de l’un ou de l’autre entraine la faillite de l’un, de l’autre, voire des deux !

Si travailler est primordial, toutes les formations en gestion du temps révèlent qu’en terme de priorité de vie, le couple, la famille, l’amour en général devance de loin le travail.

À la question « il vous reste 24 heures à vivre, que faites-vous ? »

Il est rare d’entendre « je fonce au bureau, je réponds aux mails de mes collaborateurs, j’envoie les dernières factures, je lève le rideau de ma boutique… »

Non. La réponse la plus courante est : « je passe du temps avec les gens que j’aime, j’essaie de les voir une dernière fois ».

Dommage qu’il faille attendre une formation ou que cela arrive pour en prendre conscience…

A la décharge des personnes qui auraient répondu NON aux questions précédentes, force est de reconnaitre que la technologie rend vulnérable. Avec les téléphones portables, nous sommes tous devenus joignable 24/24.

Même le bout du monde n’est pas assez loin pour échapper au réseau !

Mais la technologie sans utilisateur est inoffensive, car en réalité, nous sommes nous-même nos pires ennemis :

  • Qui nous impose d’ouvrir notre messagerie le soir en rentrant, ou le week-end ?
  • Qui nous oblige à ramener du travail à la maison ?

Nous, encore et toujours nous-même !

Dans un monde qui va à cent l’heure (c’est peu de le dire !), le rapport au temps a changé et nous en sommes à la fois bourreau et victime1. Résister à cette pression, savoir dire « non », « stop », ou « c’est assez » est le grand défi de l’homme du 21ème siècle.

En conclusion, le travail idéal est celui qui nous permet de nous sentir bien lorsque nous y passons du temps, mais qui ne nous manque pas lorsque nous le quittons…

Si vous voulez faire le point sur la répartition de vos priorités dans vos vies, c’est par ici ! LES DOMAINES DE VIE

1. A lire « éloge de la lenteur » de Carl Honoré.

Le travail idéal 8/10

       8. Respecté et protégé, tu te sentiras.Rien dire, rien voir, rien entendre

  • Vous autorisez-vous à exprimer vos opinions, vos idées ?
  • Parlez-vous facilement de ce qui vous tracasse ?
  • Osez–vous demander de l’aide à vos collègues, votre chef ?

Ou

  • Vous avez le sentiment que tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous ?
  • Vous ne parlez qu’en présence de votre avocat ?
  • À l’image de ces 3 enfants, vous n’entendez rien, ne voyez rien, ne parlez pas ?

Je vous souhaite de tout cœur d’avoir répondu OUI aux premières questions, ce qui vous permettra d’obtenir le 8ème point sur les 10 que contient ce test.

Parler librement, se sentir en confiance est en effet un des piliers du travail idéal.

Car le silence et la parole bridée peuvent devenir une catastrophe.

Prenons le cas du crash de la West Caribbean Airways en 2005.

L’enquête a conclu à un déficit de communication entre les pilotes.

Le co-pilote a tenté d’alerter son supérieur sur le danger à venir, mais le pilote imbu de lui–même et expérimenté est resté sourd à ses mises en garde, considérant le co-pilote comme un jeune « blanc-bec ».

Où est la protection dans ce cas de figure ? L’aveuglement d’un seul, a conduit à la mort l’ensemble des passagers et de l’équipage. Nous sommes bien loin de la protection que sont en droit d’attendre les subordonnés.

Heureusement, nous ne sommes pas tous entre les mains d’un pilote orgueilleux et sourd !

Toutefois, trop d’organisation s’apparente de nos jours à ce type de dysfonctionnement.

Oui, la liberté d’expression est fondamentale : chacun doit pouvoir exprimer ses idées, sa vision, ses problèmes sans craindre de jugements, ni de mise au placard sans bon de sortie.

Car la pluralité fait la richesse, le nombre la force.

Bien que très idéaliste (si, si !!), je n’en suis pas moins réaliste : la libre expression est une richesse à condition de savoir l’exploiter, la canaliser. Mais à tout prendre, je reste convaincue qu’entre deux excès, il vaut mieux celui d’une parole débridée qu’une parole bridée…

Le travail idéal 7/10

      7. Ton chef au travail, tu respecteras

Un chef doit être crédible

Ton chef ou tes chefs ! J’entends par chef, au sens large, l’ensemble des personnes qui vous dirigent au travail : il peut s’agir de votre patron, d’un manager, d’un supérieur, etc…

Pour savoir si vous le respectez, quelques questions afin d’y voir plus clair :

  • Vous parait-il crédible, digne de confiance ?
  • Adhérez-vous à la majorité de ses décisions ?
  • Vous sentez-vous entendu et soutenu, voire protégé ?
  • Partagez-vous sa vision de l’entreprise ?
  • Connaissez-vous et reconnaissez-vous ses compétences ?
  • Le considérez-vous comme exemplaire ? Il s’applique à lui-même ce qu’il demande aux autres?
  • Est-il force de propositions ? Ses idées vous paraissent aller dans le bon sens ?
  • Sait-il vous motiver lorsque vous en avez besoin ?
  • L’autorisez-vous à ne pas être à la hauteur, ne pas être au top niveau ?

Si vous avez répondu majoritairement OUI à ces questions, vous avez la chance d’avoir un supérieur avec lequel vous entretenez une relation basée sur le respect et la confiance réciproque. Un point de plus !

En dehors d’ajouter un point à votre palmarès, ce commandement est devenu crucial, car la relation au chef est devenue primordiale dans les entreprises comme dans notre société en général.

Le pyramidal domine malheureusement toutes les autres formes d’organisation…

Un grand chef dit à un moyen chef, qui dit à son tour à un petit chef, qui répète à son subalterne, et inversement !

Un dicton dit « il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu qu’à ses Saints », mais aujourd’hui, le Bon Dieu est protégé par un archange zélé (traduisez secrétaire ou adjoint !), qui fait barrage à toute demande n’ayant pas respecté scrupuleusement le circuit.

Difficile dans ces conditions de ne pas avoir, ou de manquer de respect pour son chef direct, puisqu’il est le premier maillon de cette longue, très, trop longue chaine !

Si vous avez joué au téléphone arabe étant enfant, vous comprendrez aisément les risques liés la multiplicité des interlocuteurs !

Les contre-exemples fonctionnent pourtant merveilleusement bien. C’est le cas notamment de Favi 1 en France ou l’entreprise Gore en Allemagne. Mais malheureusement, les habitudes managériales ont le cuir épais, et il reste difficile de modifier les mentalités.

Bien que de nouveaux modes de « gestion » d’entreprise (l’holacratie), prouvent que l’abolition du management vertical, permet de gagner en souplesse, en réactivité, et en motivation, la structure pyramidale a encore de beaux jours devant elle…

D’où l’importance de ce 7ème commandement !

1.http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/l-entreprise-sans-hierarchie-ca-marche_1537786.html

Le travail idéal : tes collègues de travail, tu aimeras

6. Tes collègues, tu aimeras

collègues de travail

Photo de famille de collègues !

  • Avez-vous plaisir à retrouver vos collègues de travail le matin ?
  • Avez-vous, un, une bonne collègue à qui vous vous confiez sereinement ?
  • Profitez-vous de vos pauses pour échanger avec plusieurs de vos collègues ?
  • Partagez-vous des activités communes en dehors du travail ?
  • Avez-vous des moments de convivialité ?

Vous avez la chance d’avoir répondu OUI à ces questions ?

J’en suis heureuse pour vous, vous avez trouvé votre famille professionnelle.

Se sentir « adopté », appartenir à une nouvelle famille, être en communion, partager les mêmes valeurs, voilà un des premiers leviers de motivation. L’entente avec les collègues occupe la seconde place sur 7 critères étudiés par le Cercle de la Motivation.

Partager ses joies, ses peines, ses déceptions avec ses collègues aide les salariés à tenir le cap ou le coup, selon les entreprises !

Malheureusement, certaines ne respectent pas et ne favorisent pas ces temps d’échanges.

Pauses surveillées, salle de repos et de restauration occupées quotidiennement par l’encadrement, autant de stratégie pour limiter les échanges et couper la solidarité entre collègues. Naturellement, je pointe là uniquement les pratiques déviantes, il ne s’agit en aucun cas de la majorité !

Alors que les valeurs d’entreprises ont la cote, elles sont trop souvent créées de toute pièce, affichées, et véhiculées alors qu’il s’agit en réalité de coquilles vides, inventées de toute pièce pour accompagner un logo, une campagne publicitaire.

Je ne partage pas cette vision des valeurs d’entreprises.

Je pense au contraire qu’elles doivent se construire naturellement. Spontanément, par le goût, les aptitudes du collectif, la cooptation lors des recrutements « je te reconnais comme un des nôtres, je t’embauche ».

Je ne pense pas me tromper en prétendant qu’une des valeurs partagées par tous les salariés du Club Med dans les années 70, 80, était sans doute le plaisir ! Plaisir de travailler en s’amusant, plaisir des clients, plaisir de faire plaisir !

Portée et soutenue naturellement par toutes les valeurs impulsées par leurs créateurs :

  • liberté (d’action, de création, d’innovation),
  • convivialité,
  • simplicité…

Le plaisir à travailler ensemble réside souvent dans le fait de se trouver « semblable », de se reconnaitre chez l’autre dans ses engagements.

L’idée n’est pas de cloner les salariés et en faire de bons petits soldats.

Au contraire, il s’agit d’avoir un socle commun  : que faisons-nous, pourquoi le faisons-nous ?

Tout en conservant les diversités d’origine, de culture, d’éducation qui enrichissent l’entreprise.

Le travail idéal 5/10

Motivation, quand tu nous tient !   5. Ton travail, toujours, te motivera

Évoquer ce sujet est difficile tant il existe de définitions et de théories la concernant.

Il serait sans doute plus judicieux de parler DES motivationS plutôt que de LA motivation !

Dans la mesure où le sujet principal de cet article est le travail et non la motivation, j’ai fait le choix de traiter uniquement ici, de la motivation intrinsèque à l’individu (qui lui appartient, celle qu’il puise en lui). La question de la motivation extrinsèque (externe à l’individu : l’entourage, la hiérarchie sont des sources de motivation extrinsèques) étant abordée dans les articles suivants.

Entendons-nous d’abord sur une définition commune de cet état. J’ai retenu celle du très sérieux Petit Larousse, qui la définit ainsi :

« Raisons, intérêts, éléments qui poussent quelqu’un dans son action »

Quasiment l’ensemble des théoriciens s’accordent sur cette définition, mais s’opposent sur les « raisons, intérêts et éléments » qui mettent en mouvement l’individu : Taylor pensait que c’était le salaire, Herzberg la satisfaction et l’insatisfaction, Maslow les besoins, etc…

Une récente étude, estime au nombre de 5, les facteurs de motivation communs à l’ensemble des salariés de la planète : en somme, il existe des moteurs universels et intraculturels.1

En revanche, aucune étude ou théorie ne contredit la notion de mise en mouvement : la motivation est donc l’étincelle qui me donne envie d’aller d’un point A vers un point B.

Trivialement, le point A pouvant être mon lit, le point B mon bureau ! Ou encore mon poste actuel, point A, le nouveau poste proposé, point B. L’important est le mouvement…

La 1ère question à se poser est donc très simple :

  • « Est ce que je me lève avec envie, entrain et enthousiasme pour aller au travail ? »

Si la réponse est OUI, un ½ point.

Oui, qu’un ½ point ! Car je pense qu’il est important de compléter cette question par une 2nde, portant sur les besoins et les valeurs, qui sont selon moi un formidable moteur !

Si à la question :

  • « Est-ce que mon travail couvre la majeure partie de mes besoins 2 et de mes valeurs 3 ?» vous répondez oui, ajoutez le ½ point qui vous manquait pour vous rapprocher du travail idéal.

Si vous avez répondu NON dès la 1ère question, soit vous n’avez jamais connu cet état, soit vous l’avez perdu en cours de route ! Peut-être vous ou votre entreprise avez beaucoup changé ? Ou encore votre motivation intrinsèque a rendu l’âme sous les coups répétés de la démotivation extrinsèque ?

Vous pourrez le vérifier dans les commandements 6 et 7 !

1. Vous trouverez l’article ici : http://www.actualites.uqam.ca/2014/une-etude-internationale-confirme-que-les-motivations-au-travail-sont-les-memes-pour-tous-les

2. liste des besoins

3. Voir la liste dans l’onglet « boîte à outils »

Le travail idéal 4/10

chess-400283_12804. A ta juste place au travail, tu te sentiras

A quoi reconnait-on la juste place ?

  • Vous avez les compétences et les savoir-être nécessaires à la tenue du poste et/ou de la fonction ?
  • Vous vous sentez légitime à occuper ce poste ?
  • Vous êtes majoritairement (il serait illusoire de viser l’unanimité !) reconnu et apprécié par vos pairs, votre hiérarchie, vos subordonnés ?
  • Lorsque vous travaillez, vous vous sentez dans le « flux », c’est-à-dire ni sous-exploité, ni surexploité : vos capacités sont mobilisées à leur juste mesure, vous mettant à l’abri de l’ennui comme du stress ?
  • Vous parvenez à maintenir un équilibre de vie entre vie professionnelle et personnelle ? La juste place se situe au « ni trop », « ni trop peu » au travail !
  • Vous n’avez écrasé personne pour obtenir votre place ? (la juste place n’est pas celle des autres !)
  • Vous vous sentez accueilli par vos collègues, en phase avec la culture de l’entreprise, son évolution, ses valeurs ?

Si vous répondez OUI à l’ensemble de ces questions, vous pouvez vous attribuez un point, bravo !

En revanche, si la réponse est NON, vous êtes malheureusement dans le cas de nombreux autres travailleurs : En dépit des efforts faits et des mesures prises (entretien annuel, entretien à mi carrière et maintenant entretien professionnel), les souhaits des employés ne sont pas toujours entendus.

Combien d’individus frustrés de ne pas être dans le « flux » ou mal à l’aise car « parachutés » sur un poste dans lequel ils se sentent ni légitimes ni accueillis ?

Combien de burn-out dû à un déséquilibre entre vie professionnelle et personnelle ? Comment tenir et être performant sur la durée sans repos ? Aucun être humain n’est fait pour « carburer » en continu. S’il vous arrive de consulter vos mails professionnels à la plage ou à table en famille, vous avez quitté la juste place. Lorsqu’un salarié abandonne la recherche d’équilibre entre ces deux domaines de vie, la sanction est rapide et sévère. Le corps le met au repos d’office ! Rappel du principe universel N°5 !

Enfin, il arrive malheureusement que les postes soient attribués sur des critères bien éloignés des compétences, aptitudes et envie : la stratégie, le copinage, la communication (très bien parler de ce qu’on ne sait pas faire !) priment parfois sur les capacités dans les promotions internes.

En effet, aujourd’hui il ne suffit pas de bien faire son travail, encore faut-il le faire savoir !

Le travail idéal 3/10

     3. Au travail, de la rentabilité et du profit, tu t’affranchiras money-40603_1280

Pourquoi évoquer la rentabilité dans une série d’article consacré au travail idéal ?

Parce qu’elle, et son ami profit, règnent en tyrans sur le monde du travail !

Or, un salarié affranchi de la rentabilité est un salarié heureux : il fait ce qui a du sens pour lui, il exerce son emploi avec plaisir, sans pression excessive, il ne sacrifie pas la qualité sur l’autel du profit. Il exerce son métier dans les règles de l’art, prend le temps nécessaire pour bien faire les choses, investit dans le matériel indispensable à l’exercice de son activité.

C’est pourquoi j’en ai fait un des 10 commandements.

A l’inverse, la rentabilité est le pesticide du plaisir et de la qualité : Entre un poulet gavé aux hormones en 3 mois (rentable !!) et un poulet élevé aux grains en plein air (bien moins rentable !), d’après vous lequel sera le meilleur ?

Et par-dessus tout, lequel des deux salariés sera le plus fier de son travail ?

La recherche, sans fin, de profit est un pesticide sur le monde du travail mais également une gangrène !

Car si toutes les activités ne sont pas censées être « rentables », force est de constater qu’elles cherchent toutes aujourd’hui à le devenir !

Au 1er rang, la SNCF en particulier et les services publics en général ! Un non-sens, puisqu’un service public, par définition n’a pas vocation à être rentable. Sa seule vocation est de rendre un service aux usagers. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Fermeture massive des bureaux de poste, des lignes ferroviaires et des écoles semblent indiquer que la rentabilité gagne du terrain si ce n’est la partie. D’où une perte de repère et de sens pour les salariés concernés par ses mutations bien éloignées de leur engagement premier, rendre service.

Gagner de l’argent, beaucoup d’argent avec son travail, est la cerise sur le gâteau : si je gagne de l’argent en vivant de ma passion, tant mieux, mais il arrive qu’en voulant gagner toujours plus, je perde ma passion… Si je m’éloigne de ce qui fait réellement sens pour moi, je prends le risque d’être démotivé, lassé, de perdre l’enthousiasme du démarrage.

Prenons l’exemple célèbre du Club Med : le Club a gagné beaucoup, beaucoup, d’argent presque par accident ! Les « pères » du Club, Blitz et Trigano ont d’abord eu une vision, un rêve, une utopie, « rendre le paradis perdu à chacun ».

Porté par leur passion et par le plaisir de faire ce qu’ils aimaient et comme ils aimaient le faire, le Club Med a fait son entrée en bourse. Mais lorsque dans la années 2000, le Club a cherché a évolué pour faire encore davantage d’argent il a commencé à en perdre !

La recherche de rentabilité est une course sans fin, qui aboutit parfois à couper la branche sur laquelle nous sommes assis.

Alors si vous avez la chance d’exercer un emploi, dans lequel vous avez le sentiment de vous réaliser, de faire ce que vous trouvez juste et bien, sans céder aux exigences de la rentabilité effrénée estimez-vous très, très heureux ! Un point de plus pour vous, petit chanceux !

Le travail idéal 2/10

S'enrichir par son travail2.  Par ton travail tu t’enrichiras

Par s’enrichir, j’entends à la fois gagner de l’argent, augmenter avec les années son pouvoir d’achat, mais également s’enrichir d’expériences et humainement.

Intéressons-nous d’abord au salaire : Si votre pouvoir d’achat épouse la courbe de vos années, alors restez où vous êtes !

Un emploi devrait légitimement permettre de vivre de mieux en mieux, grâce notamment à l’ancienneté et l’évolution au sein de l’entreprise.

Est-ce vraiment le cas aujourd’hui ? Loin s’en faut !

En 2015, plus de 10% des salariés survivent grâce aux Smic.

10 % jalousés par les salariés embauchés en CDI depuis 10, 15 ou 20 ans dont le salaire n’a pas évolué ! Aujourd’hui, de jeunes intérimaires gagnent davantage que les salariés de la première heure, sans le mérite de l’ancienneté.

Accepter de survivre lorsqu’on est très jeune (jobs d’été, etc…) me parait « entendable », car l’expérience n’est pas encore là.

Mais avec les années, n’est-il pas légitime de bien vivre grâce à son travail et progressivement s’enrichir jusqu’à la fin de sa carrière ?

Avez-vous le sentiment de survivre, ou vous sentez-vous riche ?

Un 1/2 point de plus si vous vous sentez riche !

Pour gagner le second 1/2 point, il faut également s’enrichir de son travail, ce qui ne se résume pas à la rémunération perçue. L’enquête 2014 du Cercle de la motivation effectuée sur 110 salariés, révèle que la richesse, l’intérêt de l’emploi devance de 4 rangs la rémunération, avec respectivement la 4ème et la 9ème place sur 17 facteurs de motivation.

Si un salaire, très, trop bas, est un facteur de démotivation, à l’inverse une bonne rémunération ne suffit pas à motiver un salarié.

En revanche, le sens de mon travail, la mission dont je me sens investi sont essentiels. Travailler par envie davantage que par besoin, continuer d’apprendre, transmettre à son tour, voilà ce qui enrichit réellement un salarié, lui procure bien être et plaisir.

Tant qu’à tailler des pierres, ne vaut-il pas mieux avoir la fierté de construire une cathédrale plutôt que d’avoir le sentiment de casser des cailloux ?

Ainsi pourrait-on résumer ce 2nd commandement : être bien payé pour construire des cathédrales…

  • Et vous ? Etes-vous satisfait de votre rémunération ? Avez-vous fait le plein d’expériences, de rencontres et d’apprentissage qui donne du sens à votre activité ?
  • Ou avez-vous le sentiment de vous appauvrir financièrement, intellectuellement et humainement ?

Si la réponse est OUI à la 1ère question, un 1/2 point de plus ! Encore 8, et à vous le diplôme du salarié heureux !

Le travail idéal 1/10

  1. Dans de bonnes conditions, tu travailleras

Travailler dans de bonnes conditions est pour moi la base de la pyramide : C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de commencer cette série d’article par celui-ci. Mes conditions de travail sont déterminantes sur mes capacités, mon état d’esprit, ma motivation. Google et d’autres entreprises « dans le vent » qui « chouchoutent » leurs salariés l’ont bien compris!

Travaillez-vous dans un environnement dans lequel :

  • Vous disposez de tous les outils nécessaires à votre activité, (un ordinateur par personne, un escabeau adapté à la situation par exemple) et à portée de main (ergonomie)
  • Tout est réfléchi et prévu pour économiser vos efforts, votre peine (posture au travail, moyens mis à disposition pour faciliter le quotidien),
  • Les règles de sécurité élémentaires sont respectées (prévention des risques d’explosion, d’attentat, de chute…),
  • L’environnement est détendu, c’est-à-dire sans stress majeur, ni peur (de la pression, des agressions, du harcèlement…)

Si la réponse est OUI à tout, attribuez-vous un point et réjouissez-vous, car cela ne semble pas si évident !

Si les accidents du travail ont effectivement baissé (forcément, on partait de haut !), les maladies professionnelles, elles, s’envolent !

Le mal être au travail est devenu un leitmotiv que j’entends régulièrement, et qui touche tous les individus, à tous les niveaux.

Pour preuve, le nombre de formation destinée à prévenir les Risques Psychosociaux (les fameux RPS) en entreprise, qui sont en réalité des formations « alibis ».

Car malheureusement, ces formations ne changent pas grand-chose sur le terrain.

Tout au plus, elles dédouanent l’entreprise qui peut se prévaloir d’avoir fait ! Fait quoi ? Nul ne le sait, pas même les managers qui ont suivi avec attention et bonne volonté les mises en garde mais sans rien changer à leur mode de management…

Eux-mêmes otages et victimes d’une pression telle, qu’il leur est difficile de ne pas la laisser déborder sur leurs subordonnés.

Certaines grandes entreprises me rappellent les cascades de champagne, dont le champagne a été remplacé par de l’acide.

Il ne s’agit pas d’une fatalité : un management humaniste c’est-à-dire respectueux de « l’humain » suffirait à changer les choses, mais encore faut-il être conscient de ce qu’il se passe réellement…

On évalue le coût de la souffrance au travail à 3.5% du PIB, peut-être est-il temps de s’en soucier ?

Pour en savoir davantage sur les obligations de l’employeur concernant les conditions de travail, je vous invite à consulter les articles L4121 du Code du Travail.

A la semaine prochaine pour le second commandement !