Choix : Peste ou choléra ?

Les biais du choix, de la décision« C’est un choix entre la peste et le choléra »

Cette expression a malheureusement été largement utilisée durant ces élections présidentielles.

Le développement personnel en général et le coaching en particulier, ne se limitent pas à mon quotidien : ils éclairent également ce qui m’entoure, dont l’actualité.

Dans ce cas, comment résister à la tentation d’observer ce choix cornélien avec un regard purement analytique ?

Voici ce que je peux vous dire à propos du choix à venir, et du débat d’hier.

Il existe trois types de choix :

  1. Entre le pour et le pour : j’aime les deux, comment choisir ? si je choisis l’un, je perds l’autre…
  2. Entre le pour et le contre : le plus facile ! J’ai envie d’une des options, je suis contre l’autre, ou je l’aime beaucoup moins. Le choix se fait presque à mon insu, il s’agit d’une évidence.
  3. Entre le contre et le contre : je n’aime ni l’un ni l’autre, et pourtant je dois choisir.

Vous l’avez deviné, la peste ou le choléra est un choix de « contre », un choix par défaut.

Il est tellement contre nature, que même notre belle langue française ne trouve pas les mots justes.

Voter pour celui/celle que j’aime le « moins » moins ? Ou celui/celle que j’aime le plus parmi les moins ? Le moins pire du pire ? vous voyez vite la difficulté pour notre cerveau à y voir plus clair, avec des formules tellement inadaptées.

Nous ne disposons pas de mots pour expliquer simplement ce choix, car il est par définition ubuesque. Choisir, c’est aller vers, pas aller contre.

Dans le cas précis des élections, le choix se complique encore davantage car il s’agit d’un pari sur l’avenir. Pas seulement le nôtre, mais aussi celui de nos enfants, de notre descendance. Il se complique également par la pression liée au fait qu’il n’y aura pas de 2nde chance. Je dois choisir maintenant.

Or, c’est difficile lorsque l’on se souvient que « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ».

Il s’agit donc de faire confiance en quelqu’un qui ne nous inspire pas, pour lui confier l’Avenir, tout en craignant que cette personne nous mente et nous manipule sur ses réelles intentions !

Vous comprenez mieux l’expression peste ou choléra ? dans les 2 cas je meurs, mais pas de la même façon… en votant dans les 2 cas je serai déçu(e) mais pas pour les mêmes raisons )

Les plus sceptiques attendaient le débat pour se décider.

Je doute qu’ils y voient plus clair aujourd’hui : je ne vais pas parler ici de la forme ou du fond, les commentateurs politiques s’en chargent.

Non, ce qui m’intéresse avec ce débat c’est de décoder une partie des biais cognitifs qui vont peser dans les décisions.

Pour débuter, une petite définition des biais : il s’agit « d’un raccourci », d’un automatisme de pensée (l’inconscient est au commande !) qui influence notre perception, et donc nos décisions, sans que l’on s’en aperçoive.

On a dénombré environ 180 biais !

Je vous livre ici, ceux qui risquent d’influencer le vote dans un sens ou dans un autre, certains biais s’appliquant même aux 2 candidats.

  • Le biais de confirmation

Consiste à retenir uniquement les informations qui confirment nos croyances et à ignorer celles qui les contredisent.

  • Le biais de statu quo

C’est la tendance à préférer laisser les choses telles qu’elles sont. Ainsi, le changement apparait comme apportant plus de risques et d’inconvénients que d’avantages possibles. Il s’apparente au biais de l’aversion pour la perte, qui consiste à poursuivre dans la même voie avec l’espoir de se refaire (ex : le joueur). Ce biais nous empêche d’envisager les choses autrement, sous prétexte que nous avons déjà tellement investi !

  •  L’effet boomerang

Trop de persuasion tue la persuasion ! La répétition produit l’effet inverse de celui attendu…

  • L’effet de simple exposition

L’exposition répétée à quelque chose ou quelqu’un nous le rend familier et à terme agréable. Combien de chansons détestées à la première écoute, et adorées au centième passage ?

  • Le biais de bandwagon (mouton de Panurge)

Il consiste comme son nom l’indique à faire comme les autres ! On comprend mieux dès lors l’importance, voire l’influence des sondages.

Pour finir et pour ce qui est du résultat, il faudra attendre dimanche, d’ici là, j’espère que vous percevrez à quel biais vous êtes sensible.

À vous de le conserver ou de vous en défaire,  l’intérêt pour moi se limite, ici comme ailleurs, à  être conscient  de ce qui se joue en soi.

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