Apprendre à se taire

Apprendre à se taireAujourd’hui, nombre de formations portent sur « l’affirmation de soi », « apprendre à dire non », « prendre la parole en public », mais aucune pour apprendre à se taire.

Or, j’ai le sentiment qu’elle serait tout aussi utile, si ce n’est plus !

Comme moi, vous avez peut-être un jour :

  • donné notre avis alors que personne ne vous le demandait,
  • prodigué un conseil alors que l’Autre n’attendait que de l’écoute,
  • défendu une victime qui s’ignorait, et qui vous en a voulu d’être intervenu
  • pris la parole au nom d’un collectif qui vous a laissé faire sans vous soutenir pour autant
  • ou encore dit une vérité à quelqu’un qui n’était pas prêt à l’entendre.

Vous l’avez sans doute très vite regretté. Vous vous êtes rendu compte que vous n’auriez pas dû, ou alors vous avez été déçu par l’ingratitude de l’autre, voire sa virulence lorsqu’il vous a remis à votre place.

Et c’est de bonne guerre !

Autrefois, nous apprenions aux enfants à tourner la langue 7 fois dans leur bouche avant de parler. Aujourd’hui, ils l’ont et nous l’avons tous plutôt bien pendue !

Nous sommes envahis de paroles. Les nôtres et celles des autres.

Qui nous disent « fais ceci », « fais cela », » tu devrais » ou « tu ne devrais pas »…

Peut-être suffirait-il de se poser quelques questions avant de s’arroger le droit de « l’ouvrir » : je peux me permettre cette familiarité, c’est à moi que je l’adresse !

Quelles questions se poser avant de prendre la parole ?

  1. Déjà, commençons par utiliser le test des 3 passoires de Socrate.
  2. Ensuite, et si je ne suis pas dans ce contexte, se demander à qui s’adresse réellement cette parole ? Est-elle vraiment destinée à l’autre ou pour me faire plaisir ? pour le plaisir de m’entendre ?
  3. Obtenir ensuite de l’autre son accord pour vous écouter. Des formules comme « tu m’autorises à te donner mon sentiment ? À te donner un avis ou un conseil ? », fonctionneront toujours mieux que « si j’étais toi, je… ». Ça tombe mal, tu n’es pas moi et je ne suis pas toi.
  4. Vérifier que l’Autre est prêt à entendre ce que j’ai à lui dire, et dans le cas contraire, se taire ou le préparer !

Ce flot incessant et désordonné, explique que d’autres aient besoin de s’affirmer, d’apprendre à s’exprimer, à se défendre tout simplement.

Alors, chut…

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