Améliorer sa communication interpersonnelle

Outil de communication interpersonnelle

Grâce à la Fenêtre de Johari.

La Fenêtre de Johari (contraction de Joseph Luft et Harrington Ingham, ses inventeurs) est un outil de communication trop peu utilisé par rapport au bénéfice qu’il offre. Ce modèle simplissime a le mérite de clarifier les 4 situations possibles en communication interpersonnelle : ces situations sont le fruit du croisement de 4 données, Moi et les Autres, le Connu et l’Inconnu.

La 1ère, la zone publique, est celle du partage d’informations, connues par les 2 parties, Moi et les Autres : il s’agit de la communication quotidienne et sans enjeu. Ici, les échanges sont fluides, faciles, et ne posent aucune difficulté à aucune des parties. Il n’y a ni mensonge, ni cachoteries.

La 2nde, la zone cachée est celle des non-dits, de Ma zone intime, de Mes pensées, de Mes émotions tues et refoulées. Aussi, comment l’Autre peut-il deviner ce que Je pense, ressens si Je ne Lui explique pas ? Or, par pudeur, par peur, par lâcheté, elle est parfois, et malheureusement plus importante que la 1ère. Elle est la cause de bien des tensions, de malentendus pouvant conduire à des conflits faute de clarté et de compréhension de la situation. L’Autre ne dispose pas de toutes les informations nécessaires au décryptage du contexte et des enjeux.

La 3ème, la zone aveugle, est le contraire de la précédente : les Autres savent des choses sur Moi que j’ignore. Il s’agit de Mes défauts, dont Ils parlent dans mon dos, sans oser m’en faire part, me privant ainsi de toute possibilité de remise en question ou d’amélioration. Ou de Mes qualités, cachées pour garantir la sacrosainte humilité, chère à notre culture française, compromettant ou altérant ainsi l’estime de soi.

Enfin la dernière, la zone inconnue est celle de tout ce que Nous ignorons, Moi comme les Autres :  De quoi sera fait demain ? Pourquoi sommes-nous sur terre ? Y a-t-il une vie après la mort ? Cette zone est le champ des hypothèses et des croyances, mais également des conflits car son contenu est par définition invérifiable. Elle repose sur des opinions, et non des faits. c’est également le champ de tous les possibles : celui du potentiel ignoré de Moi comme des Autres, des talents jamais découverts. Combien de Tiger Woods méconnus dans le monde ?

Tout l’enjeu d’une communication saine et réussie consiste à élargir la 1ère zone.

Comment ? En faisant preuve de courage ! Le courage de s’exprimer, de se dévoiler, mais également celui de demander aux Autres ce qu’ils pensent réellement de Moi…

Et pour éviter les maladresses, formez vous à la communication.

Coûteuses stratégies individuelles

coûteuses stratégiesPour palier certains manques ou difficultés, nous adoptons tous plus ou moins des stratégies.

Elles ont pour but de dissimuler la faiblesse, ou d’avancer en dépit de celle-ci.

Si la stratégie développée est une aide au début, elle devient très vite invalidante et sclérosante.

Elle enferme celui, celle, qui pensait avoir trouvé une bonne technique, dans un piège dont il est difficile de sortir.

Ces stratégies que l’on croit d’abord être en or, se révèlent vite en toc !

Prenons différents exemples pour illustrer :

1ère : Qui n’a pas connu un collègue qui critiquait tous les autres ?

2ème : Ou un, une qui se plaint souvent et de tout, attire et reçoit toute la pitié du monde ?

3ème : Ou encore celui qui pose toujours des questions plutôt que de réfléchir et trouver seul(e) la réponse ou la solution ?

Ces stratégies ont toute la même justification au départ : la croyance naïve qu’elles sont utiles, gagnantes et bénéfiques.

Celui, ou celle qui les mobilise les emploie à dessein, pensant y trouver un réel avantage et bénéfice.

La 1ère par exemple, laisse croire qu’en enterrant certains collègues, je gagne en prestige aux yeux d’autres. La critique signifie « regardez comme ils font mal et au contraire comme je fais bien ! ». Mais il ne s’agit que d’un leurre, car très vite l’entourage se lasse de ce comportement, n’y prête plus attention et décrédibilise au contraire celui, celle qui en joue. Plutôt que de gagner l’estime des collègues, il, elle reçoit leur mépris ou leur moquerie en retour. Le manque de confiance du départ s’est transformé en mésestime.

La 2nde stratégie, elle, assure à la personne qui l’utilise une compassion, voire une protection de l’entourage. Toutefois, elle devient vite une prison également car peu à peu, elle est jugée incapable de faire face, incompétente, et perd en autonomie, les autres ayant pris l’habitude de décider  à sa place. À trop vouloir attirer l’attention sur soi, on finit par être étouffé, écrasé par ce trop plein d’attention.

Enfin,  la 3ème a sans doute permis au départ à la personne concernée de s’économiser. En effet quoi de plus confortable que de poser les questions pour avoir des réponses immédiates, rapides et sans effort ? Mais là aussi, le piège se referme vite. Celui ou celle qui croyait s’économiser perd en crédibilité, et surtout en capacité ! Car le cerveau est comme un muscle, qui a besoin de travailler, d’être entrainé pour maintenir sa performance.

En résumé, toutes les stratégies sont en réalité des pièges qui se referment à terme sur celui qui les utilise. Satisfaisantes au départ, elles deviennent sur le long terme davantage un handicap, empêchant l’individu de développer tout son potentiel.